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Quand décider rime avec méditer

La prise de décision conclue un cycle de trois stages. Le premier était sur l’intuition et le second sur le lien entre le processus de créativité et les émotions. 

Décider dans un monde turbulent et sans repères 

Si le processus de décision suscite mon intérêt, c’est qu’il est un élément clé de notre vie. Notre capacité à décider ou à percevoir comment le faire deviennent un enjeu de plus en plus grand dans nos sociétés bombardées par l’information, la difficulté de trouver ses repères, et l’importance accordées à nos seules émotions. 

Les multiplient enjeux de notre époque demandent un esprit clair et stable pour avoir la force de décider dans des situations dont les paramètres sont de plus en plus invisibles.

La pratique de la méditation et les enjeux de la décision

Un état de présence claire et bienveillant a un effet sur nos décisions, et la méditation peut nous aider à cultiver une telle présence. S’éveiller aux multiples facettes de la situation peut être confusant pour décider mais, quand l’esprit est stable et claire, cette multiplicité nous permet de percevoir et de tenir compte d’informations essentielles pour décider. 

L’intérêt des pratiques sur l’attention est aussi de prendre conscience de nos limites. Si nous n’avons pas les bonnes conditions pour décider, qui peut nous conseiller ? L’erreur de la décision est déjà le fruit de la pratique : se tromper dans nos choix est également un facteur de progrès sur ce chemin de la pleine conscience. On peut donc se détendre !

Inutile de supputer, quand il est possible de voir clairement ce que l’on peut faire. Si tu le vois, il faut t’engager dans cette voie, sans se retourner, et avec bienveillance.

Si tu ne vois pas ce qu’il faut faire, suspend ton jugement et utilise les meilleurs conseillers.

Marc-Aurèle (X,12)

Pour faciliter ce travail, nous animerons ce stage de méditation avec l’aide des chevaux. En effet, Jean Pierre Tiffon, avec qui je co-anime ce stage début novembre, a une expérience personnelle de la pleine conscience avec les chevaux depuis plus de huit ans et a ainsi expérimenté le rôle de facilitateur qu’ont ces animaux. 

La méditation de pleine conscience face à la science pour évaluer l’impact sur la décision de la méditation

Le processus de la décision est étudié avec attention par les neurosciences depuis plusieurs années et on commence à en savoir beaucoup plus sur la manière dont fonctionne notre cerveau.

Un ensemble d’études (Calm and smart? A selective review of meditation effects on decision making) montre que la pleine conscience pourraitavoir un effet sur la prise de décision (les enjeux de la décision sont tellement multiples que le conditionnel est de rigueur pour décrire les fonctionnements de la méditation en lien avec la décision). Elle distingue deux types de décision :

  • Les décisions à caractère social, qui induisent une interrelation ;
  • Les décisions plus personnelles, comme de jouer ou pas à un jeu en ligne, ou de sortir de situations qui nous plongent dans une forme d’apathie : « dois-je quitter un travail qui me fait du mal ? », « Si je le fais, que va t il m’arriver ? », etc. 

Les décisions à caractère individuel

Diminuer l’errance mentale

Sur un plan individuel, en stimulant l’attention, la méditation de la pleine conscience a un impact significatif sur les comportements addictifs. Ceci a déjà été prouvé dans différents contextes depuis une dizaine d’années. Si la pleine conscience a un tel impact sur dans de telles situation, c’est qu’il est possible de développer plus de libertés dans nos choix parce que nous sommes plus présent et moins emportés par l’agitation mentale.

Favoriser la régulation émotionnelle

La pratique de la pleine conscience permet de décider avec moins de réactivité. Cela s’explique par les pratiques méditatives mettant l’emphase sur l’attention au corps, aux sensations et aux émotions. L’attention est un pré requis, il reste ensuite d’apprendre à demeurer au coeur même de cette agitation et d’approfondir cette stabilité afin qu’elle soit réellement régulatrices pour les émotions perturbatrices.

Retrouver le choix face à nos tendances, clarifier ce qui fait sens 

La pratique de l’attention développe une forme d’intuition dans la capacité à se réorienter vers des actions sous-tendues par des valeurs. Décider en se reconnectant à ce qui fait profondément sens pour nous et à l’extérieur à la diversité des informations, n’est pas un exercice facile. On parle parfois « d’agilité de l’attention », ou du fait d’être réceptif « au champs ». En résumé, on s’éveil à plus de possibilité et on est moins déterminé dans nos choix par tout un type de conditionnements tant sociaux que psychologiques. Le terme « moins » a son importance!

Le processus de la méditation face aux décisions est double : une décision de ne pas agir en fonction de ses tendances et une prise de décision d’agir en lien avec ce qui fait sens pour nous. C’est vrai dans les traditions méditatives ainsi que dans les recherches qui basent la thérapie ACT. (Steven Hayes, Buddhism, Acceptance and Commitment Therapy, 2002).

Être encré dans son corps pour décider

L’importance de faire une expérience globale du corps et de l’esprit est une autre convergence avec la pratique méditative et les sciences. On focalise énormément sur les recherches sur le cerveau, mais au final, c’est au moyen du corps qu’on peut percevoir.

Le processus de décision n’est pas seulement concentré à quelques endroits du cerveau. Il concerne l’interaction du corps avec le cerveau et avec les perceptions sensorielles. Un travail sur la qualité de nos décisions induit non seulement un travail sur l’esprit, mais également un travail sur le corps. Nous sommes des êtres de perceptions.

Les prises de décisions avec un impact social 

La pleine conscience pour diminuer l’impact des biais cognitifs dans les décisions ?

L’impact de la méditation est plus dilué et difficile à mesurer concernant les décisions en inter-relation. Daniel Kahneman, parfois présenté comme le fondateur des neurosciences sociales, a montré que nos décisions, qu’on les considère comme intuitives ou réfléchies, sont biaisées par de nombreux phénomènes. Notre libre arbitre semble faible face à ce qui influence notre décision. 

Des chercheurs comme Davidson ou Tania Singer convergent sur le fait que les pratiques sur la bienveillance favorisent des comportements sociaux plus altruistes. Les pratiques basées sur la bienveillance facilitent des comportements sociaux empathiques et les décisions altruistes

D’autres disciplines contemplatives au service de la décision

Pramana est une méthode traduite parfois par « cognition valide », il s’agit d’aborder la réalité de la manière la moins biaisée possible et la plus directe. Certains aspects sont très conceptuels et tendent à apprendre l’art du débat.

D’autres aspects plus en lien avec la méditation nous exhorte à prendre un temps pour observer une situation et prendre conscience en profondeur de la nature de notre perception avant d’agir. Antonio Varella a pressentis l’intérêt que pouvait avoir cette discipline dés les années 90. Claire Petitmenin et Bitbol continuent leurs recherches dans ce sens mais il manque aujourd’hui de faciliter l’accés à cette discipline, tout comme on l’a fait avec MBSR.

À l’aide de la clarté de la méditation, l’interêt de cette méthode est de diminuer le poids des interprétations, des associations, des émotions, des représentations. Ce processus nous permet de se rapprocher d’une cognition la plus valide possible de la situation telle qu’elle est afin d’agir le plus justement possible avec elle. Seul, puis en groupe?

Décider en étant relié au Tout

Quand des recherches sur l’acte de connaître et de décider s’appuient sur des traditions contemplatives

Dans la série d’interview qu’a initié Otto Scharmer sur le leadership figure celui du Dr Eleanor Rosch. Au centre de son travail est la capacité d’agir au coeur d’une conscience plus globale. Elle n’a pas hésité au cours de ses études à s’appuyer sur des traditions contemplatives pour redéfinir une épistémologie plus en lien avec ce qu’elle observait dans ses recherches: la capacité d’interagir au coeur d’une conscience plus globale, qu’elle a appelée « conscience de sagesse », en opposition avec « une conscience analytique » qui sépare les choses et nous incite à décider de manière fractionnée, coupée.

Décider ensemble à partir du coeur semble tellement à l’opposé de ce à quoi nous invite le monde ! Si ces recherches restent peu connues, elles nous indiquent que des pratiques de méditation peuvent avoir un impact profond sur nos décisions et nous aider à développer un rapport plus sage au monde. Il reste à le mettre en pratique à son niveau.

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